S’il y a bien une chose de vraie, c’est que chaque fois que nait un enfant, deux parents naissent aussi.

Du jour au lendemain, on devient parent. Sans expérience, sans réelle préparation ni formation, on entre à l’hôpital en couple et on en sort parents avec au bras, une petite crevette flambant neuve.

La mère entame alors son éducation parentale avec une petite longueur d’avance, un instinct maternel fort de milliers d’années d’évolution humaine et un lien déjà établi avec un enfant qui a, pendant 9 longs mois, partagé son souffle, son sang et son corps.

De plus, elle a en général, eu la chance d’apprendre en voyant sa mère agir avec elle et avec ses frères et soeurs. Être témoin d’un comportement, c’est la meilleure chose pour le répéter.

Papa lui, malgré son bon vouloir, ressemble plus souvent à un garçon qui essaie de jouer au hockey pour la première fois de sa vie.

Il observe sa conjointe et essaie de l’imiter, il improvise, il demande conseil à sa mère et se trouve souvent très maladroit dans sa nouvelle vocation. Pour la plupart des pères de mon âge (entre 30 et 45) le rôle de leur père à eux en fut surtout un de pourvoyeur et d’autorité.

“Attends que ton père arrive…”

Rares sont les papas des années 80 qui ont donné le biberon à leurs fils, leur ont dit qu’ils les aimaient, les ont bercés des nuits entières quand ils étaient malades ou ont même joué avec eux. NE vous m’éprenez pas, il y en a, mais à cette époque, c’était loin d’être la norme.

En matière de “parenting” les hommes sont loin de tous êtres médiocres et l’on ne peut blâmer l’entièreté de leur situation sur leur père, mais il ne faut pas nier l’évidence, les pères d’aujourd’hui n’ont pas souvent eu de modèles paternels qui méritant d’être reproduis.

En général, maman entame donc son parcours parental avec un bagage plus complet et c’est quelque chose qui peut complexer son conjoint et l’amener à se trouver incompétent.

Selon l’attitude que la mère aura avec son conjoint, celui-ci pourra devenir soit se sentir confiant, impliqué et participatif, soit distant, craintif et frustré.

Ben oui, c’est peut-être difficile à entendre, mais derrière beaucoup de mauvais papas se cache une mère qui n’aura pas su communiquer ses besoins ou qui aura tout simplement dénigré son conjoint au point de lui faire croire qu’il est réellement un incapable.

De la même façon que l’on n’essaierait pas d’apprendre le hockey à un enfant en lui criant après, en l’insultant, en le traitant de nom ou en perdant patience devant ses erreurs, on ne doit pas agir de la sorte avec un homme qui apprend à être père. (ce n’est pas le but du texte, mais ça s’applique aussi aux nouvelles mamans)

La communication est essentielle lors des premiers mois de “vie” de parents et idéalement, celle-ci doit se faire avec respect et en gardant toujours en tête que papa, même s’il est maladroit, désire le bien être de son enfant autant que maman.

-Voyons, tiens-le pas de même!

-J’te le dis que tu l’as pas avec les bébés toé!

-Ta mère ta pas montré grand-chose en tout cas…

-Laisse faire, je vais m’en occuper. (suivi de soupirs exagérés)

-Hey boy que tu sais pas comment t’y prendre avec le p’tit.

-Coudonc, c’est pas compliqué franchement, tu fais ça de même check…

À chaque phrase simple, mais blessante, le nouveau papa reçoit l’équivalent d’un coup de masse en pleine paternité. Il devient anxieux, craintif et se met à douter de ses capacités de père.

Je sais, je l’ai vu à maintes reprises, je connais même des mamans “tueuses” de père et c’est malheureusement plus courant qu’on le pense. Dans un tel climat, l’homme est souvent distant avec son bébé, craignant le blesser, lui nuire ou frustrer sa conjointe davantage.

Il finit par se croire incapable de bien s’occuper de l’enfant et laisse toute la place à sa conjointe qui clairement, semble être la seule à savoir quoi faire.

“Coudonc, moi le papa colon et maladroit, je m’en occuperai plus tard, quand il sera plus vieux, quand il pourra tenir sa tête tout seul ou qu’il marchera.”

Plus le temps avance, plus bébé velcro passe la majorité de son temps dans les bras de maman et un plus le fosset se creuse entre le père et son enfant.

Les pères DOIVENT s’impliquer, faire leur part et participer à l’entièreté des activités quotidiennes de la maison, mais est-ce qu’on peut vraiment se surprendre que tant d’hommes aient de la difficulté à trouver leur place dans la famille si on agit de la sorte avec eux?

Je ne vous dis pas de mettre tous les nouveaux papas dans la ouate et de les traiter aux petits oignons afin que ces pauvres choux se sentent à leur place, mais pourquoi on ne serait pas juste un peu plus patient et indulgent avec les nouveaux pères?

Et si au lieu de leur taper sur la tête chaque fois qu’ils font un faux pas avec bébé, on n’essayait pas de se rappeler que papa, comme maman, fait de son mieux et a juste besoin d’un peu de temps et de quelques conseils pour s’adapter au plus beau travail du monde; celui de s’occuper d’un mini humain et de tenter d’en faire quelqu’un de bien.

Être parents, c’est comme le hockey, c’est un sport d’équipe!

Tu n’a peut-être pas remarqué, mais il n’y avait aucune pub dans cet article!

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