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Bienvenue au royaume des victimes…

Exit l’aire des réalisations, de la performance, des objectifs et du dépassement de soi, nous sommes maintenant les habitants d’un monde nouveau, celui de la pitié.

Bon, pas juste de la pitié, c’est aussi un monde de souffrance, de fatigue, de nivèlement par le bas et de chialage.

Tu en doutes? Tu trouves que j’exagère? Fais le test suivant.

Demain, au bureau, raconte à quel point tu es fatigué de ton week-end. Je te promets que dès que tu vas arrêter de parler, un collègue s’empressera de t’expliquer à quel point LUI, il est beaucoup plus fatigué que toi et épuisé pour vrai!

Pareil pour les petits bobos! Si tu dis à quelqu’un que tu as mal au dos ou à un genou, tu es pratiquement certain de te faire raconter à quel point LUI à plus mal que toi à cause de ceci, ou cela. Ayons tous pitié de lui , le pauvre…

Ça marche aussi pour le budget serré, l’horaire familial, les enfants énervants, etc.

Même l’émission la plus populaire au Québec présentement, La Voix, fait l’apologie de la “souffrance” et de la pitié. À croire que personne ne s’est rendu là car il/elle est bon, a du talent et adore chanter.

Les entrevues des participants sont de vrais concours de tristesse. “Moi, c’est à cause que ma grand-mère est morte que je chante….” “Depuis que je suis jeune, je vis de l’intimidation à l’école….” “J’ai perdu mes clefs quand j’avais 12 ans et je chante ma peine depuis ce temps-là…”

Bon, j’exagère un peu avec les clefs, mais avoue que je ne suis pas dans le champ!

Voyons, est-ce qu’il y a juste moi qui vais bien et qui déteste être pris en pitié? Je ne suis victime de rien! Ma famille et moi, on est en en santé, on n’est loin d’être pauvre et si je manque un peu de temps parfois, il n’en appartient qu’à moi de faire du ménage dans mon horaire et de couper dans les activités parascolaires des enfants au lieu de faire le piteux et de clamer tout haut que ma vie c’est de la marde.

Quand j’entends des commentaires du genre “Mon Dieu, vous devez être dans le jus avec quatre enfants” je me mords la joue pour ne pas répondre sèchement à mon interlocuteur.

On le savait après le premier enfant que ça n’allait pas être une partie de plaisir, et on a quand même CHOISI d’en faire trois autres. Ça ne nous a pas été imposé, personne n’est arrivé chez nous avec une grosse boîte pleine de gamins et les a laissés sur mon perron.

Je ne suis ni dans le jus, ni souffrant, ni épuisé. Quand je suis fatigué, au lieu de “brailler” que je ne file pas (ce qui n’a jamais donné de repos à personne d’ailleurs) je me couche à huit heures et le lendemain, je pète le feu.

Au lieu de me plaindre que j’ai mal ici, mal là (ce qui n’a jamais guéri personne d’ailleurs) je vais au gym, j’essaie de rester en forme et je fais attention à ma posture.

Au lieu de me plaindre que mes enfants ont du grouillant et se laissent traîner partout (ce qui n’a jamais rendu aucun enfant silencieux d’ailleurs) je fais de la discipline, je m’occupe d’eux et je les oblige à se ramasser.

Je pense que tu comprends le principe.

À force de se plaindre, de chialer et de se compétitionner entre nous pour faire pitié, on est en train de montrer à nos enfants que de subir sa vie au lieu de la vivre, c’est ben correct dans le fond. On leur apprend à se plaindre, à s’apitoyer sur leur sort et à devenir des victimes de ce qui leur arrive au lieu d’enseigner l’action, l’affirmation de soi et la force de caractère.

Ma grand-mère disait une chose qui a aujourd’hui, à notre époque de “victimite », plus de sens que jamais:

Se plaindre des choses que tu ne peux changer ne sert à rien, parce que tu ne peux les changer. Se plaindre des choses que tu peux changer ne sert à rien non plus, ferme-la, change-les et passe à autre chose.

Elle faisait du sens ma grand-mère!

C’est loin d’être toujours facile la vie de famille, il y a des bouts rough, des moments où on est fatigué, où on se demande comment on va s’en sortir, quand ça va finir et on remet tout en question. Mais fais-moi confiance, ça va passer. Les enfants vont grandir, ils vont devenir autonomes, responsables et tu vas trouver que ce n’était pas si pire finalement.

À moins qu’ils deviennent des petites victimes en puissance. Là, ça ne finira jamais. Ta vie durant, tu vas gérer des enfants/adultes, qui vont t’appeler 16 fois par jour pour se plaindre de tout et de rien. Ils vont être malheureux et ils subiront leur environnement, des figurants de leur propre existence, parce que dans le fond, c’est tout ce qu’ils auront connu et fréquenté en grandissant, des victimes.

  • bonjour

    Lorsque je lis ton article, je ressens une énergie d’une personne qui entreprend sa vie.
    Quelle énergie, quelle envie d’avancer !

    J’ai vu les qualités qu’on dit qu’il faut avoir quand on crée et gère une entreprise :
    dynamisme, aller de l’avant, se fier à soi-même !

    Bravo en tout cas, tu as le don de faire réagir.
    Être dans la complainte n’aide pas à avancer, ça rassure et on reste souvent dans notre zone de confort, sans s’améliorer.

    Au plaisir
    Evan

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