Ma fille a traversé une rivière à la nage, je laisse mon fils sauter en bas du parc et BB4, aussi téméraire qu’un petit singe, grimpe plus haut que bien des enfants plus grands qu’elle dans les modules du parc.

Suis-je un père insouciant? Un dangereux ou un gars moins sensibilisé aux dangers que courent mes petits? Du tout, j’ai juste une mémoire et une vision différente des jeux et des dangers que disons, TVA, les peurologues, les institutions scolaires et les médias sociaux.

Mes trois plus vieux ont toujours grimpé aux arbres, sautés en bas des bancs de neige, été à peu près libre dans le quartier et aucun d’entre eux ne s’est jamais rien “brisé” ou blessé gravement.

Est-ce qu’ils sont indestructibles ou tellement agiles qu’ils ne tombent jamais, non ? C’est justement parce qu’ils tombent depuis toujours qu’ils ont appris leurs limites et qu’ils savent généralement ne pas les dépasser.

C’est depuis longtemps un sujet délicat entre moi et ma femme et encore aujourd’hui, nos opinions diffèrent, mais des enfants, dans mon livre à moi, ça ne s’élève pas sous une cloche de verre. Des enfants, ça pousse au grand air, le linge vert de gazon, les souliers tachés de boue et les genoux couverts de plasters.

Moi, une cicatrice sur un coude, je vois ça comme un souvenir à raconter ou comme une expérience de laquelle on tire une leçon, pas comme un échec parental, car je n’étais pas là pour empêcher mon petit de se blesser. Le courage, faire face à ses peurs et es surmonter, ça ne s’apprends pas devant un iPad.

Je ne suis pas un fou du laisser-vivre non plus; les enfants ne se baigneront jamais seuls, ils portent toujours un casque à vélo et doivent être prudent lorsqu’ils jouent dans la rue, mais c’est à peu près tout. Pour le reste, la règle est simple, amusez-vous, soyez intelligents et ne mourez pas!

Viarge, il n’y a même pas de filet sur ma trampoline!

Devine combien de fois les enfants ont sacré le camp en bas… Zéro.

Ils ont appris à sauter dans le milieu et à ne pas être plus que deux à la fois pour y jouer. C’est simple hein?

Bon, ils sont trois sur la photo, mais ils jouaient à se compter des histoires.

Parlant de trampoline, je te partage une anecdote “médias sociaux” plutôt savoureuse à ce sujet. Le printemps passé, un article alarmiste d’une chaîne de nouvelles se répandait comme une trainée de poudre sur le web. Le titre: “ les accidents de trampoline en hausse de 1800% dans les 10 dernières années.”

Tout le monde capotait!

Je lisais les commentaires de parents qui allaient vendre la leur, les parents jugeaient ceux qui laissaient leurs enfants jouer sur ces objets dangereux et la population commençait à sérieusement s’interroger à savoir si on ne devrait pas bannir les trampolines au Québec ou au moins en réglementer la vente…

Mais personne n’utilisait son jugement et sa mémoire pour réfléchir un peu. Elles étaient où les trampolines il y a 10 ans? Nulle part! Il y a 10 ans, tu étais chanceux de connaître quelqu’un dans ta ville qui en avait une, c’est ben normal que les gamins ne s’y blessaient jamais, il n’y en avait pas!

Ça, on n’en parle pas. Ça ne vend pas de copie, ça ne génère pas de clic et ça ne fait peur à personne donc on le passe sous le tapis. La stat qui compte, celle qui fait peur, c’est le 1800% d’augmentation de blessures.

À force d’être exposé de toutes parts à des informations du genre, on en vient à oublier notre gros bon sens et à se fier à l’environnement médiatique et aux jugements des autres au lieu de penser par nous-mêmes.

Comme quand les gens me regardent tout croche parce que BB4 grimpe quelque part ou est debout dans le panier d’épicerie. Mon bébé doit être en danger de mort ou je dois clairement être un fou furieux sinon pourquoi me regarderaient-ils ainsi? Je devrais l’assoir dans le petit banc et lui mettre sa ceinture et pourquoi pas un casque tant qu’à y être.

petit singe à l’oeuvre

On dirait qu’on a oublié nos enfances. Qu’on n’est plus capable de penser par nous même et que la seule chose qui compte maintenant, c’est que personne ne nous juge ou ne nous voit comme des mauvais parents.

Le hic, c’est que toi et ta supervision hélicoptère parentale, vous ne serez pas toujours là à veiller sur chaque coin de tables pointu, chaque culbute ou chaque trou de bouette; un moment donné, ton enfant sortira de ton cocon de surprotection et va arriver dans le vrai monde. Il va alors se rendre compte que c’est loin en maudit de la réalité que tu lui as présentée jusque maintenant.

La “vraie” vie, elle fait mal quand tu te pètes le nez dedans et surtout, quand ça t’arrive pour la première fois à 12 ans!

Laisser ton enfant vivre et expérimenter son environnement, c’est en faire quelqu’un de responsable et de prudent au lieu d’en faire quelqu’un d’obéissant qui suit les règles. Les règles, il n’y en aura pas toujours, mais son jugement lui, il le suivra partout.

Junior est pas mal mieux de se planter en vélo à 4 ans et d’apprendre à faire attention, que de ne jamais être tombé et de prendre sa première débarque à 10 ans, quand il pédale comme un fou et qu’il roule à 30 kilomètres-heure dans la rue.

Les statistiques le prouvent; les accidents graves sont en chute libre, nos enfants sont plus en sécurité que jamais et les crimes contre la personne ne cessent de reculer. Alors pourquoi est-ce qu’on pense collectivement que le monde est devenu si dangereux tout d’un coup?

Et si on prenait une grande respiration, qu’on arrêtait un peu de penser à tout ce qui “pourrait” arriver et qu’on se faisait confiance un peu.

Tu as peut-être remarqué qu’il n’y a aucune pub ou bannière dans mes articles. Ma paie, c’est juste de vous voir commenter et partager mes articles et en plus, ça te coute rien 🙂

 La course Cool Dad de Québec est dans 2 semaines et il ne reste que quelques places! As-tu ton billet?

billet