L’incident date de quelques mois déjà et en cette journée mondiale de la trisomie et de la sensibilisation aux différences, je me devais de vous le raconter et de vous partager mon point de vue sur le mouvement des bas pas pareils.

Si tu n’étais pas au courant ou si par hasard tu viens d’ouvrir Facebook et que tu n’as pas encore vu des dizaines de photos de pieds de bas, en ce 21 mars, les gens sont invités à porter des bas dépareillés pour attirer l’attention aux différences et pour sensibiliser les gens à la beauté des choses “pas pareils” et je trouve que c’est un peu inutile!

Pas la différence et la sensibilisation; que l’on parle de trisomie ou d’enfants différents, je trouve ça important et l’on en discutera jamais trop, mais pour vrai, est-ce que le fait de porter un bas bleu et un bas vert va encourager les rares débiles qui jugent et persécutent encore les personnes atteintes de trisomie à s’ouvrir l’esprit et à accepter ceux qui ne répondent pas à leurs critères arriérés de ce qui est normal ou non? Pantoute!

De toute façon, à part en photo sur Facebook, qui va voir tes bas aujourd’hui?

Quand vient le temps de parler du syndrome de Down, d’acceptation et d’ouverture, sais-tu ce qui fonctionne vraiment? Les petits gestes concrets et quotidiens que l’on peut tous poser dans nos communautés pour faire une différence dans la vie des gens différents et c’est là que mon anecdote prend tout son sens.

Je te raconte…

Il y a quelque mois, mon fils participait à un atelier de perfection de karaté. Un grand maître d’Europe venait à Québec et offrait un stage aux enfants pour leur apprendre de nouvelles techniques d’auto défense.

Lors de cette journée, plusieurs classes étaient réunies sous un même toit et il devait y avoir près d’un soixante de jeunes qui concentrés, pratiquaient leur sport devant une petite foule de parents cernés en ce samedi matin frisquet. Parmi ceux-ci, l’un d’eux passait son temps à gigoter, rire, à se sauver du maître et à déranger le groupe. Il était trisomique.

Je suis un gars très curieux et j’adore analyser les comportements et les réactions des gens autour de moi et en toute honnêteté, je trouvais la scène assez cocasse et je me demandais bien comment les autres jeunes allaient réagir devant cet élève quelque peu turbulent. À ma grande surprise, aucun des petits karatékas sur place n’a émis le moindre commentaire ou la moindre remarque envers un garçon qui voulait juste s’amuser comme eux.

Les enfants trouvaient même ça plutôt drôle ou l’ignoraient pour se concentrer sur les exercices.

Un professeur visiblement attitré au jeune essayait tant bien que mal de l’encadrer afin qu’il puisse lui aussi, frapper, esquiver et courrir avec les autres, mais ça ne fonctionnait pas très bien.

Par contre, et c’est là que mon calme légendaire en a pris pour son rhume (si tu me suis depuis un bail, tu sais que je blague, car j’ai la patience et le calme d’un ours qu’on réveille avant le printemps) c’est sur le banc des adultes que j’ai vu et surtout entendu les remarques les plus crues et blessantes de la journée.

“Voyons, y’a pas d’affaire ici lui, il dérange tout le monde! J’ai payé 25$ pour un stage de karaté, par pour que mon gars s’occupe d’un mongol. Méchant gaspillage lui faire faire un stage à celui-là!”

Ha ben calvaire!

Des parents, ceux qui sont censés donner l’exemple, des adultes responsables agissaient en parfaits morons, et ce, sans même s’en cacher. Pire encore, personne ne disait rien!

Soupirs, regards impatients, etc. Je n’en revenais juste pas de constater à quel point des gens pouvaient agir de la sorte tandis que les enfants eux étaient parfaitement calmes et même amusés devant ce petit homme qui voulait juste jouer et probablement, avoir un peu d’attention.

Laisse-moi te dire qu’en ce samedi matin, même si l’on avait été 50 à porter des bas dépareillés, rien n’aurait empêché monsieur et madame jugements de m… d’agir ou de penser de la sorte.

Après de longues minutes, ça en a finalement été assez et j’ai choisi de changer de place en prenant bien soin au passage de m’adresser à mes voisins de banc.

“Et si c’était votre kid ce petit gars-là? Vous ne le laisseriez pas se mêler aux autres. J’espère juste que ces parents sont pas assis à côté de vous! Ça fait dur votre affaire”

Puis comme j’allais m’assoir plus loin, j’ai décidé de continuer mon chemin et d’aller marcher dehors, je n’avais juste pas le goût de rester là et les observer faire des simagrés et à se demandé qu’elle mouche m’avait piqué!

Tsé, tu ne fais comprendre à un cave qu’il est cave…

Le cours s’est terminé sur note positive quand avant de prendre la photo de groupe, le senseï à pris le garçon dans ses bras et est allé s’assoir au milieu de la troupe avec tous les amis.

Inclure, valoriser et tendre la main aux gens différents, ça montre un exemple pas mal plus concret et pèse pas mal plus lourd dans la balance que de porter des bas différents.

Au moins, la réaction des autres jeunes et leur attitude démontre qu’avec les années, la situation continuera de s’améliorer et que quand leur tour viendra d’être assis sur un banc de bois avec un café Tim à la main devant une scène semblable, on ne rsiue pas d’entendre les mêmes bêtises humaines.

Tu veux vraiment aider les “différents”, porte des bas qui ne matchent pas aujourd’hui si tu veux, mais surtout, la prochaine fois que tu côtoieras un quelqu’un atteint de trisomie ou que tu iras dans un commerce qui emploi une personne différente, prends 1 minute de ton temps pour le remercier de son travail, pour lui dire qu’il ou elle a un sourire contagieux ou juste pour le saluer.

Ça va faire sa journée et lui faire pas mal plus de bien que de te voir avec des bas bleus et verts.

Je ne te dis pas de partir en chicane avec tous les arrièrés pleins de jugements de la société ou que de porter des bas dépareillés n’aide personne, mais si tu es pour poser un seul geste dans l’année pour “aider” la trisomie et faire avancer la cause des “différents”, prend position et tend la main au lieu de juste mettre une photo de tes bas sur Facebook 😉

P.S. Il y a un Subway à Québec qui emploie un gars atteint de trisomie, chaque fois que j’y vais, je lui dis que c’est lui qui fait les meilleurs sandwichs en ville et que je descends de Val-Bélair juste pour ça.

Ça ne me coûte rien, ça prend 5 secondes à faire et c’est un geste qui clairement, répand du bonheur en grandes doses. Surtout que la plupart du temps, un client à côté de moi va saisir l’occasion pour en rajouter une couche avec un “Mets-en!” ou un autre compliment improvisé du genre.

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