Ça c’est passé avant hier en soirée et ça c’est étiré jusqu’à hier midi et avec une fin aussi surprenante qu’heureuse, je pense que je peux dire « job done », mais j’ai quand même douté de moi…

Je te raconte: mardi soir, ma blonde travaillait et j’étais seul avec la troupe, qui plus est, mes filles avaient même des amies à coucher alors dans un relatif chaos normal pour ma maison, je gérais 6 enfants et ça allait presque bien jusqu’à ce que je vois mon fils pratiquement lancer sa manette de Xbox par terre.

– Voyons Charles! Qu’est-ce que tu fais là?

-Rien, je suis tanné.

– Ben là, t’as pas lancé ta manette comme ça juste parce que t’es tannée de jouer certain!

Puis mon pif de papa a décelé une petite lueur dans les yeux de mon fils, j’ai perçu une larme en formation et je l’ai questionné un peu plus.

– Ça va pas hein mon homme?

-Non pas du tout! 

Et il s’est mis à pleurer d’un coup avant de se précipiter dans mes bras.

-Ils m’ont traité de noms, de caves , de niaiseux pis toute!

Pour te mettre en contexte, Charles jouait à un jeu en ligne avec des amis de son âge de la France et ils parlaient ensemble grâce à leurs casques d’écoute. Comme la console de jeu est « connectée » et qu’il est assez jeune, elle est installée au salon pour qu’on puisse surveiller un peu ce qui se passe et gérer avec qui il parle, mais on n’entend pas ce qu’il entend.

Je l’ai donc consolé du mieux que j’ai pu en lui expliquant que c’était des choses qui arrivaient; que certains gens étaient méchants, que ça faisait malheureusement partie de la vie, surtout sur internet et que je comprenais sa peine, mais au fond de moi, je le trouvais bizarre et je sentais qu’il ne me disait pas tout. Tsé, l’intuition de parent

– Puis ils ont été méchants pourquoi tes amis? Vous aviez joué plusieurs parties ensemble tantôt et ça semblait bien aller.

Il était hésitant et je voyais bien que quelque chose clochait. C’est finalement après avoir parlé de longues minutes avec lui qu’il m’a raconté le fond de l’histoire.

Le quatuor de copains a décidé de changer de mode de jeu et de jouer les uns contre les autres au lieu d’en équipe. Par contre, Charles à rapidement prit le dessus et pour faire une histoire courte, il a clenché tout le monde et s’est mis à éliminer ses adversaires « amis » plus vite que Néo dans la Matrice. Juste parce qu’il pouvait et pour faire plus de points.

Jouer de cette façon en surveillsnt l’apparition des adversaires et en les éliminant dès qu’ils réaparaissent et sans leur laisser une chance de combattre et une forme de tricherie connue sous le nom de “spawn kill” et c’est très mal vue dans l’univers des jeux vidéos.

Les autres enfants se sont rapidement senti humiliés et frustrés et ont fait ce que tout enfant normal fait lorsqu’il est en colère, ils l’ont insulté, se sont moqués de lui et honnêtement, je les comprends un peu.

-Voyons mon homme, c’est certain qu’ils ne resteront pas tes amis longtemps si tu te comportes comme ça avec eux. T’étais pas obligé de les clencher de la sorte pour avoir du plaisir. Le jeu, c’est aussi pour jouer.

J’ai alors changé de ton assez rapidement. C’est juste pas vrai que je vais consoler mon gars après qu’il ait agi de la sorte avec des amis. Un bully, même si c’est le tien, tu ne l’encourages pas, tu le confrontes à ses gestes.

Dans la vie, je pense qu’une des choses les plus importantes est d’assumer ses actes et de faire face aux conséquences de ceux-ci. Les gens qui jouent les victimes et qui viennent brailler après avoir mis le feu aux poudres quelque part, c’est une des choses que je déteste le plus et c’est juste pas vrai que je vais me mettre la tête dans le sable et crier à l’intimidation si c’est mon kid qui a couru après.

S’en est suivi une ligue discussion sur les choix qu’on fait dans la vie, sur les conséquences de ceux-ci et surtout sur la manière dont on traite les autres et surtout nos amis. C’est pas parce que tu peux battre quelqu’un à un jeu que tu dois nécessairement le planter!

Il y a une citation de film que j’aime bien et que je vous mets au défi d’identifier: avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités. 

Ça vous dit quelque chose?

À travers un boucan de petites filles déguisées en princesses qui courent partout et un bébé malade et irritable, j’ai choisi de faire quelque chose que je n’avais ni le goût, ni le temps de faire; enseigner à mon fils une leçon de vie simple, mais pourtant si importante; ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas te faire faire.

Tsé, une leçon que même plusieurs parents semblent avoir malheureusement oubliée en 2019. 

Être bon, être courtois, penser aux autres et pas juste à son nombril, c’était pas juste bon dans la bible, ça n’a même jamais été aussi important qu’aujourd’hui, à l’heure d’internet et à une époque où tu peux communiquer avec n’importe qui sur terre depuis ton salon.

Pourquoi on ne serait pas le genre de personnes qu’on voudrait que nos enfants deviennent?

Bref, il a fini la soirée sans Xbox, sans câlins et avec une directive claire au lieu d’une épaule pour pleurer: va réfléchir à ton attitude et reviens-m’en jaser quand tu en auras tirer une leçon.

Malheureusement, je suis parti jouer aux princesses jusqu’à tard en soirée et on s’est couché là-dessus. Je déteste quand ils vont au lit sur un conflit, mais parfois, la nuit porte conseil.

On ne s’est pas vu hier matin non plus, car je suis parti super tôt pour le travail, mais à mon retour, maman avait un truc à me raconter dans notre cachette de meeting préférée, la toilette.

Dans le jour, sans en parler à personne, notre fils a contacté ses coéquipiers et s’est excusé à chacun d’eux pour son attitude. Juste comme ça, de sa propre initiative.

À l’heure où j’écris ces lignes, je suis assis à côté d’un petit garçon aux joues rouges qui vient de rentrer de dehors et qui pitonne sur sa manette en parlant avec un accent français inventé. À l’huere où j’écris ces lignes je suis assis à côté d’un petit garçon qui en deux jours, a maturé de dix ans et qui pourrait bien être un exemple pour beaucoup de gens de trois fois son âge qui laissent des commentaires sur internet.

On entend tellement parler de « bullying » et d’intimidation partout, les victimes font la une du journal, on raconte leurs histoires dans les médias et on y est sensibilisé, mais on dirait que les petites brutes n’existent pas… C’est pas mon enfant, il n’est pas comme ça, c’est l’autre qui a commencé, etc.

Je ne sais pas si je suis un bon père, je fais juste de mon mieux et j’improvise le trois quarts du temps, mais je sais une chose, si tous les parents arrêtaient un peu de jouer aux victimes et de constamment pointé tout le monde du doigt pour les malheurs de leurs enfants, il y aurait probablement beaucoup moins d’intimidation dans nos écoles et dans le monde en général.

C’est peut-être difficile à faire et ça fait même parfois mal, mais il se peut très bien que le petit bum de la classe, ça soit le tien. Ça ne fait pas de toi un mauvais parent ni de ton enfant un futur déchet de la société, mais il est peut-être temps de t’ouvrir les yeux et de réaliser que ton kid a besoin d’une solide discussion.

D’un papa aussi imparfait que toi 🙂

La seule course Père Enfants au monde est de retour et les billets sont en rabais, as-tu le tien?


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